Le numérique un projet pour l’Onf au coeur de la forêt de Fausses-Reposes

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Le numérique un projet pour l’Onf au coeur de la forêt de Fausses-Reposes

Potentiel en Fausses-Reposes
  • Propriété du roi de France au XVII e siècle, de l’Etat à la Révolution, aujourd’hui forêt domaniale gérée par l’ONF.
  • 9 communes concernées : Vaucresson, Marnes-la-Coquette, Ville-d’Avray, Sèvres, Chaville, La Celle-Saint-Cloud, Le Chesnay, Versailles, Viroflay.
  • « Fausses reposes » « vient du langage de la vénerie. Elle évoque ces feintes qu’utilisait l’animal pourchassé (cerf ou sanglier) en se cachant dans un repli du terrain ou dans un fourré pour déjouer la meute de chiens ou les équipages à cheval. Il s’agit donc du « faux repos » des animaux. »
  • Descriptif [3] : 631 ha (sur 78 (255 ha ) et 92 (380 ha) ) - 4 parcs forestiers - sites accueil 38 ha - sites d’intérêts écologiques 27 ha (mares, milieux secs et acides) - Plusieurs étangs - 12 km de routes, 55 km de chemins naturels, 120 barrières, 5 km pistes cyclables, 25 km cavaliers, 8 km GR, 10 parkings - Sentier Ceinture Verte Ouest de l’Ile-de-France - Remarquable par reliefs, points de vue, vallons, crêtes boisées - Géologie (limons, argiles à meulière, sables) - Flore : châtaignier, chêne, bouleau et pin, bruyères sur sols au sud.
  • Vers un projet pilote / hub numérique forêt expérimental avec industriels, chercheurs, Onf, collectivités, usagers et riverains de la forêt pour explorer les usages numériques.
 
Défi Onf : être de son époque numérique
L’Onf [4] valorise son savoir-faire forestier, fait appel à des engins modernes pour l’exploitation, est confrontée à nombre de dégradations… mais semble absent des évolutions en cours et des opportunités offertes par notre époque numérique.

 
La situation financière de l’Onf n’est pas bonne [5].

L’enjeu devient la capacité à faire éclore un écosystème numérique de proximité autour et dans la forêt avec les acteurs forestiers, les entreprises, les collectivités, les usagers et riverains.



Voies de progrès possibles pour l'Onf

1- Chercher un relais de croissance

Après avoir justifié de son savoir-faire pendant des siècles au service de la France (construction de bateaux)… la mécanisation des XIXe et XXe siècle a permis de « glaner » divers gains de productivité… De nos jours, les fonctions stratégiques de la ressource Forêt sont moins comprises et acceptées du fait de leur coût collectif. Le développement durable et environnemental étant surtout vu dans ses fonctions ludiques, de poumon vert des villes [7] et les enjeux de la biodiversité sans pour autant constituer un vecteur économique de financement.
  •  Aujourd’hui l’Onf tente un come-back justifié en espérant « une rémunération en contrepartie de son action contre l’effet de serre et la pollution de l’air à travers l’entretien de ces puits de carbone que sont les forêts… »
  •  Peut-être, mais une autre alternative stratégique doit être activement et rapidement explorer : situer la richesse collective des forêts comme terrain d’expérimentation et d’usage à large échelle du numérique dans les méthodes d’exploitation, de valorisation et de gestion (Cf ci-après).
  •  Une aubaine pour le très haut débit via le développement des usages professionnels, ludiques et des savoirs ; en veillant à créer de la valeur ajoutée locale en contexte numérique, gage d’une proximité entre l’Onf et les citoyens.

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2- Smart forêt : la cartographie des émotions au service de la politique forestière

Comme indiqué dans l’article par analogie : la cartographie des émotions au service de la politique urbaine : « En plaçant des capteurs précis pour saisir l’interaction concrète des citadins avec leur ville, la politique urbaine va pouvoir travailler au niveau du ressenti individuel du stress. »
  • L’Onf est-il au courant de la déferlante des objets communicants, des robots, du rôle à venir des maquettes numériques dans la gestion des forêts… ?
    • Usage de robots comme autant de petites fourmis montant dans les arbres, parcourant les sous-bois… pour faire une coupe « rase ou non », sélectionner les tiges à conserver, évacuer les grumes et les souches, trier les gros bois dans les tas de rémanents, reprofiler un fossé…
    • Puces électroniques sur les arbres, permettant une vision complète en maquette numérique pour suivre toutes les évolutions de la forêt. Mais aussi connaître en temps réel : la santé des arbres, le cubage de telle ou telle coupe, les valorisations possibles, la dépose de déchets sauvages à l’entrée d’un chemin…
  • Pose de capteurs de stress ou autres sur les arbres des forêts pour suivre en temps réel la vision de notre forêt commune lors d’exploitation ou entretien.

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3- Penser la forêt dans 20 à 50 ans ; à l’horizon des contextes technologiques, sociaux et humains d’aujourd’hui…

Cela pourrait conduire à viser une exploitation moins brutale qu’une coupe rase, avec davantage de discernement selon les contextes de proximité urbaine et le classement en forêt de protection, le respect de la biodiversité, le développement des essences ou encore le rythme des plantations. Ceci avec des objets capables de tenir compte de la topographie du terrain, de « monter » aux arbres etc… [8]

Même si l’Onf utilise déjà des engins forestiers pour la mécanisation des coupes, l’Onf doit être de notre époque numérique, alors que dans les commodités du quotidien, dans les activités industrielles, de services, de mobilité… les robots , objets communicants envahissent les processus de production… [9]

Quelques repères concrets dans divers secteurs… à transposer pour une parcelle forestière.

 
  
  • Par analogie, Robotique dans la santé - Comanipulation en chirurgie - Révolution objets communicants - Santé - Handicap
  • Robots mous - Pour se faufiler dans tous les endroits de la forêt y compris les plus exigus
  • Motivation des jeunes - Un robot dans la forêt
  • Robot paré contre les collisions - Utile pour le déplacement en forêt
  • Bientôt des réseaux de capteurs de tous types selon l’Inria
  • Il faut plus de robots dans toutes les usines (plus flexibles, ergonomiques, faciles à utiliser et à contrôler - Rodney Brooks
  • Et s’il fallait s’en convaincre…

     
      
  • L’élagage des arbres sera bientôt moins dangereux ! présenté par Yasuhiko Ishigure, Katsuyuki Hirai, et Haruhisa Kawasaki de Marutomi Seiko Co. et de l’université de Gifu au Japon.
  • Une girafe en lisière de forêt
  • De mini-hélicoptères autonomes qui traquent les mauvaises herbes envahissantes en vol, dans les forêts tropicales du Queensland en Australie
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    4- Pour innover, l’Onf devrait viser «  l’ingéniosité collective  »

    A méditer, cet article des Echos, traitant de l’éclosion de nouveaux modes de production et de consommation autour de «  Innovation frugale - «  Fab labs  » et «  Makers  » - Economie du partage  », contribuant à faire éclore un écosystème numérique de proximité autour et dans la forêt avec les acteurs forestiers, les entreprises, les collectivités, les usagers et riverains.

     

    • Des pistes de progrès à explorer (elles se déploient activement dans la société civile comme dans de grandes organisations)… pour dépasser le simple constat suite à une coupe rase : « Mais çà repousse ! »
      Agir ainsi, traduirait une ouverture d’esprit, dans le sens du propos du Président du Conseil d’Administration de l’ONF, Jean-Yves Caullet, dans un article du 28/02/2014, au Courrier des maires : Ne plus laisser l’avenir de la forêt dans les seules mains des spécialistes  ?
    • La délégation de l’Etat en matière de gestion de Nos Forêts, doit conduire à anticiper largement l’incidence des mutations technologiques sur l’exploitation et l’entretien des forêts, et l’évolution associée dans les savoir-faire et l’usage des compétences actuelles.
      C’est bien ce que dit le centre de recherche Irstea (ex Cemagref) sur le volet prospective avec une introduction très instructive sur notre sujet : « Penser les futurs possibles à partir de tendances lourdes et de signaux faibles pour éclairer les décisions d’aujourd’hui afin d’anticiper et d’être acteur de son futur plutôt que de subir. Cette posture d’anticipation facilite la prise de décision ». Tout un programme !
    • Ce programme peut trouver sa place dans un Protocole « Projet pour une parcelle »… comme cela est proposé par l’Onf dans l’exemple de la parcelle 137 : « mettre en oeuvre le protocole « un projet pour une parcelle » pour la parcelle 137. Il s’agit d’un travail où l’on croise les potentialités forestières du milieu avec les objectifs paysagers et d’accueil du public afin d’obtenir des scénarios de conduite des peuplements forestiers. »
    • Il faut à ce titre résoudre le dilemme déploré à juste titre par Raja Chatila « Notre problème, c’est le manque de collaboration entre le public et le privé. L’écosystème ne fonctionne pas correctement. La recherche publique et les start-up n’arrivent pas à nourrir les grands groupes. On se parle tous, mais on ne parvient pas à trouver des sujets communs » [10].
     
    • L’Onf a de vrais atouts entre ses mains car les sujets autour de la forêt ne manquent pas pour mobiliser l’ingéniosité collective et participer à l’enjeu majeur de la Biodiversité :
      • remplacer les caméras par des capteurs-avertisseurs aux entrées sensibles , pour lutter contre les déchets sauvages ;
      • assurer un suivi des peuplements forestiers, créer des maquettes numériques périodiques de quelques parcelles pilotes, donc de leurs accroissements, de leurs accidents hydriques, climatiques …, de leurs divers états sanitaires ;
      • déployer des informations pédagogiques sur les outils de mobilités de plus en plus capteurs et objets communicants entre eux ;
      • pour l’estimation sur pied (et non « bord de route » après abattage, qui réduit la marge d’erreur) des grumes d’arbres exploités, accueillir les projets en cours de recherche-développement, afin de pouvoir utiliser des lasers de cubage, au lieu et place de l’estimation visuelle complétée par des tables d’analogie ;
      • utiliser des drones adaptés pour la surveillance des feux de forêts ;
      • en complément des engins utilisés dans la forêt pour la mécanisation des coupes, exploiter des robots et exosquelettes pour exécuter certains travaux lourds ou de veille en forêts.
      • valoriser l’usage et l’exploitation des données recueillies via des objets communicants en les plaçant de façon adaptée en Open Data etc…

     
    Sans doute s’inspirer de l’appel au volontarisme du récent rapport de Philippe Lemoine sur la transformation numérique de l’économie française et accepter un challenge : la transformation numérique de l’Onf génèrera plus d’opportunités que de risques pour sa pérennité et la qualité de son savoir-faire.


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    le 9 novembre 2014 par Jacques Chatignoux Opérateur
    modifie le 27 novembre 2014

    Notes

    [1] Extraits du Contrat d’objectifs et de performance :

      • (page 3) « la mise en œuvre de missions d’intérêt général confiées par l’État ou les collectivités à l’ONF, notamment en matière de gestion des risques naturels et de biodiversité »
      • (page 11) « Intégrer la biodiversité dans la gestion courante : L’ONF mettra en application les orientations et les règles spécifiques définies dans les documents de gestion des forêts ainsi que dans les documents suivants : DNAG, instruction relative à la conservation de la biodiversité dans la gestion courante, règlement national d’exploitation forestière (RNEF) et règlement national des travaux et services forestiers (RNTSF). Pour suivre et rendre compte de ses actions, il renseignera périodiquement une série d’indicateurs de suivi, définis conjointement avec le MEDDTL et en liaison avec le Muséum national d’Histoire naturelle et le comité scientifique de l’ONF. La définition de ces indicateurs s’appuiera utilement sur les réflexions destinées à identifier les indicateurs de biodiversité pour la nouvelle Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), dans le cadre de l’Observatoire national de la biodiversité (ONB). Ils seront intégrés au bilan patrimonial. »

    [2] Classement en forêt de protection par décret en Conseil d’État du 23 août 2007 - JORF n°196 du 25 août 2007 page 14156 texte n° 17. A voir aussi la mention dans ZNIEFF 110030022 - Forêts domaniales de Meudon et de Fausses-Reposes et Parc de Saint-Cloud (présentant notamment Référentiel taxonomique pour la faune et la flore, Espèces réglementées, Référentiels Habitats… ). Forêt de protection rappelée à juste titre dans le Révision du SDRIF - Porter à connaissance de l’État septembre 2011 Page 25. Cf aussi Outils juridiques pour la protection des espaces naturels Forêt de Protection (Cf Procédures et Effets juridiques).

    [3] Descriptif Fausses-Reposes : Les amis des forets - Wikipédia.

    [4] L’Onf plonge ses racines en 1291 avec l’Administration des Eaux et Forêts créée par Philippe le Bel. Aujourd’hui le résultat est :

    [5] Cf L’Office national des forêts en pleine tourmente budgétaire avec selon la Cour des Comptes 435 millions de dettes, et 20 millions de dotations en moins de la part de l’Etat en 2015. Le tout en réduisant d’un an le contrat d’objectif.

    [6] Les communes ont refusé de voir augmenté les taxes à l’hectare payées à l’Onf

    [7] Cf classement Forêt de Protection par décret en Conseil d’État du 23 août 2007 - JORF n°196 du 25 août 2007 page 14156 texte n° 17.)

    [8] Quelques liens ci-dessous en rappel, pour éclairer sur l’usage des Objets Communicants et l’émergence de Robots qui arriveront dans la forêt pour analyse, exploitation, veille.

     
     
  • Prospectic 2010 - Etat des lieux des tendances et enjeux technologiques à 5-10 ans
  • Libre Blanc : Objets communicants / Internet des objets
  • Avec GreenSysTech, l’objet communicant devient autonome en énergie
  • Les robots envahissent l’agriculture
  • Les drones s’imposent dans l’entretien des bâtiments
  • [9] Cf aussi dans d’autres contextes : Domaine médical… Drones de militaire devenant civil… Maisons construitent avec des imprimantes 3D… Projets urbains en débat et valider autour de maquette numérique en immersion… Smartphones déjà en soi des objets communicants… Futurs régulations du trafic et de la sécurité sur route tenant de plus en plus aux capacités de connectivité entre voitures, motos, vélos… etc. Tout ce qui est autour de la ville est concerné - Et aussi Santander : la ville aux 20.000 capteurs, modèle du smart city européen.

    [10] Cf par Rodney Brooks « Il faut plus de robots dans toutes les usines » et aussi En France, la robotique manque d’argent frais.